Une famille aisée, citadine, vit coincée dans le petit monde qu’elle s’est construit. Chacun de ses membres lutte de son côté pour sauver désespérement ce qui peut l’être.

Lluís traverse l’adolescence sous les feux croisés de ses parents, couple quadragénaire en crise. Tous contiennent leurs sentiments et tentent de retarder le conflit. Mais ce n’est qu’une question de temps…

La Mosquitera
un film d'Agusti Vila
avec Eduard Fernandez, Emma Suarez, Martina Garcia, Fermi Reixach, Geraldine Chaplin

Espagne - 2010 - 1h35
1.85 - Couleur
Dolby Digital - VOSTF
Visa n° 130 783

J’ai voulu faire La Mosquitera dans un ton mineur. Les personnages du film ne craignent qu’une seule chose : les moustiques.

Pour eux, la vie est comme un ruisseau qui s’écoule, et le bonheur consiste à construire un barrage sur ce ruisseau. Mais ce bonheur est comme l’eau stagnante : il pourrit. Et les moustiques, alors, peuvent être aussi féroces que des loups.

Le film parle d’une famille citadine, aisée, dont les membres sont victimes d’un obscur sentiment de culpabilité. La mère envers son fils, le père envers la femme de ménage, et le fils envers toute forme de vie, en particulier ses chats et chiens.

Ils mènent un combat de tous les jours, une lutte désespérée contre des sentiments qu’ils ne contrôlent pas. Craignant constamment d’outrepasser des limites, ils se rassurent en cherchant les noms à mettre sur ce qu’ils ne comprennent pas.

Dans cette vie bornée, qu’ils se sont construite sur mesure, la ligne invisible qui sépare le bien du mal est devenue un mur. Et chaque brêche dans ce mur est un conflit qu’ils ne peuvent envisager que de manière linguistique : « Est-ce que c’est un "viol" ? », « C’est ce qu’on appelle de la "maltraitance", ou pas ? », « C’est de la "prostitution" ? », etc.

Cette obsession à mesurer leurs actes provoque une succession de malentendus dans toutes leurs relations. Des malentendus obstinés qui provoquent la confusion, des situations comiques et tragiques à la fois.

La moustiquaire les protège des dangers mineurs mais ne fait qu’amortir les grands chocs : le film est une comédie sur l’impossibilité de la tragédie.

Des situations pleines de suspense, de tension, s’expliquent par l’apparence de normalité, déterminée par les scrupules « politiquement corrects » des personnages. Je n’ai pas voulu les accabler, mais les montrer de la manière la plus humaine possible dans la lutte qu’ils mènent contre leurs doutes.

Les personnages ne sont jamais des caricatures d’eux-mêmes ; pas même lorsqu’ils se montrent cruels et franchissent les limites de la morale. Il n’y a pas non plus de cynisme quand leurs débats sur le comportement à adopter se transforment en d’absurdes spéculations linguistiques.

La Mosquitera est un mélange de mélodrame social et de « alta comedia ». Construit en trois actes, le film culmine dans une parodie de happy end qui laisse ouverte l’issue du conflit. »

Propos d'Agusti Vila, réalisateur

Emma Suárez : Alícia
Eduard Fernández : Miquel
Martina Garcia : Ana
Fermí Reixach : Robert
Geraldine Chaplin : María
Anna Yzcobalzeta : Raquel
Alex Batllori : Sergi
Marcos Franz : Lluís
Noa Schinnerling : Fille de Raquel
Alex Brendemühl : Editeur

Producteur : Luis Miñarro
Scénario et réalisation : Agustí Vila
Assistant à la réalisation : Pol Rodríguez
Direction de la photographie : Neus Ollé
Prise de vue : Ramon Sánchez
Son : Eva Valiño
Producteur exécutif : Josep Amorós
Producteur délégué : Nando Enero
Direction artistique : Leo Casamitjana
Figuriste : Annick Turiaf
Maquillage : Concha Martin Jurado
Montage : Marti Roca